Pied tombant et orthèse releveur : comment choisir des chaussures adaptées
Large ouverture, volume pour l'orthèse, légèreté : la chaussure qui aide à marcher sans accrocher.

On parle de pied tombant, ou de paralysie des releveurs, lorsque les muscles qui relèvent l'avant du pied ne fonctionnent plus assez. Les causes sont variées : atteinte d'un nerf de la jambe, hernie discale, accident vasculaire cérébral, maladie neurologique ou suite d'une intervention. À chaque pas, la pointe du pied tend à frotter ou à accrocher le sol, et l'on compense souvent en levant le genou plus haut, ce que les soignants appellent le steppage.
Le risque principal est la chute. Une orthèse releveur, souvent en plastique ou en fibres, maintient le pied à angle droit pendant la marche. Mais elle doit tenir dans une chaussure, et toutes ne s'y prêtent pas. Voici comment choisir des chaussures qui rendent la marche plus sûre, avec ou sans orthèse.
Ce que la chaussure doit faire
- Limiter le risque d'accrocher le sol avec la pointe, grâce à une semelle et un bout bien conçus.
- Accueillir l'orthèse sans comprimer le pied ni blesser la peau.
- S'enfiler facilement, souvent d'une seule main et sans se pencher longtemps.
- Rester légère et stable, pour ne pas fatiguer une jambe déjà sollicitée.
Les critères essentiels
| Critère | Pourquoi | À privilégier | À éviter |
|---|---|---|---|
| Ouverture | Glisser le pied et l'orthèse facilement | Ouverture jusqu'à l'avant-pied, languette qui s'écarte largement | Chaussure étroite à enfiler, bottine serrée |
| Fermeture | Ajuster d'une main, sans lacets à nouer | Scratch larges, lacets élastiques, zip | Petits lacets fins |
| Volume | Loger l'orthèse sans comprimer | Chaussant profond, semelle intérieure amovible | Chaussure ajustée au plus près |
| Poids | Réduire l'effort pour lever la jambe | Chaussure légère | Semelle lourde, chaussure de randonnée rigide |
| Semelle | Ne pas accrocher le sol | Bout légèrement relevé, adhérence modérée à l'avant | Bout plat, crampons très accrocheurs à la pointe |
| Talon | Stabilité et sécurité | Talon bas et large | Talon haut ou fin, mule, tong |
Ces critères rejoignent ceux de la prévention des chutes chez la personne âgée, détaillés dans notre guide des chaussures pour seniors qui préviennent les chutes.
Avec ou sans orthèse : deux situations différentes
Certaines marques proposent des chaussures vendues à l'unité ou en paires dépareillées, ce qui permet d'avoir une pointure de plus du côté de l'orthèse. Renseignez-vous auprès de l'orthoprothésiste ou du magasin de chaussures de confort.
Bien essayer ses chaussures
L'essayage en 4 étapes
- 11. Venez avec votre orthèseEssayez toujours la chaussure avec l'orthèse et la chaussette que vous portez au quotidien : sans elles, l'essai ne veut rien dire.
- 22. Chaussez-vous seulAssis, enfilez et fermez la chaussure vous-même. Si cela demande de l'aide ou beaucoup d'efforts, cherchez un modèle plus ouvert.
- 33. Vérifiez les points d'appuiAprès quelques minutes, retirez la chaussure et regardez la peau : aucune rougeur ne doit apparaître là où l'orthèse touche.
- 44. Marchez sur différents solsSur moquette et sur carrelage, la pointe ne doit pas accrocher, et le talon doit rester en place.
Les erreurs fréquentes
- Porter des chaussons ou des mules à la maison, alors que les chutes y sont fréquentes.
- Choisir une chaussure lourde et rigide en pensant qu'elle « tiendra mieux » le pied.
- Forcer l'orthèse dans une chaussure trop petite, au risque de blessures cutanées.
- Choisir une semelle très accrocheuse à la pointe, qui augmente le risque de trébucher.
- Négliger l'inspection de la peau, surtout si la sensibilité du pied est diminuée.
Pour bien choisir une chaussure capable de recevoir des semelles ou orthèses, notre guide des chaussures avec semelles orthopédiques donne des repères complémentaires.
Avec un pied tombant, une chaussure réussie, c'est celle qu'on enfile seul le matin et qu'on oublie jusqu'au soir, sans jamais trébucher.
, Principe de base du chaussage en rééducation
En résumé
En cas de pied tombant, choisissez une chaussure légère, à talon bas et stable, avec une ouverture très large, une fermeture facile et une semelle qui n'accroche pas à la pointe. Avec une orthèse releveur, privilégiez un chaussant profond et une semelle intérieure amovible, et faites valider votre choix par l'orthoprothésiste ou l'équipe de rééducation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un pied tombant ?
C'est une difficulté ou une impossibilité à relever l'avant du pied, due à une faiblesse des muscles releveurs ou à une atteinte du nerf qui les commande. La pointe du pied a alors tendance à accrocher le sol à chaque pas.
Faut-il prendre une pointure au-dessus avec une orthèse ?
Pas systématiquement. Retirer la semelle intérieure suffit souvent à loger l'orthèse. Si ce n'est pas le cas, une pointure ou une largeur au-dessus du côté atteint peut être nécessaire, idéalement avec des chaussures vendues en paires dépareillées.
Quelles chaussures porter à la maison ?
Un chausson fermé, à talon tenu, léger et à semelle fine mais antidérapante, compatible avec l'orthèse si vous la portez à l'intérieur. Évitez les mules et les chaussons ouverts à l'arrière, sources fréquentes de chutes.
Les chaussures à scratch sont-elles indispensables ?
Elles ne sont pas obligatoires, mais elles facilitent beaucoup le chaussage, surtout d'une seule main ou en cas de difficultés à se pencher. Les lacets élastiques à blocage rapide sont une bonne alternative.
Qui contacter pour une orthèse releveur ?
Le médecin traitant, le neurologue ou le médecin de rééducation prescrit l'orthèse, qui est ensuite réalisée ou adaptée par un orthoprothésiste. Le kinésithérapeute accompagne la rééducation de la marche.


