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Iofit : les chaussures connectées par Samsung

Le projet Iofit de Samsung veut transformer la chaussure en outil d’analyse biomécanique.

Iofit : les chaussures connectées par Samsung

Les chaussures connectées fascinent parce qu’elles déplacent le centre du wearable : au lieu de mesurer le corps depuis le poignet, elles s’installent là où tout commence, au contact du sol. Avec Iofit, Samsung a exploré cette logique de façon très concrète : transformer la chaussure en outil d’analyse biomécanique, capable de renseigner sur l’appui, l’équilibre et la posture.

L’idée n’était pas de lancer une simple basket “smart” de plus, mais de créer un système utile pour le sport, la performance et la prévention. Le projet, porté par la startup Salted Venture issue du Creative Lab de Samsung, illustre bien la manière dont un grand groupe peut faire émerger des concepts plus agiles que ses produits grand public habituels.

Iofit, c’est quoi exactement ?

Iofit désigne une paire de chaussures connectées équipées de capteurs intégrés dans la semelle et/ou la structure interne de la chaussure. Leur rôle est d’analyser la manière dont le pied s’appuie au sol et comment le corps se positionne pendant l’effort. L’application associée centralise ensuite les données pour les rendre lisibles sur smartphone.

Contrairement à beaucoup de trackers d’activité qui se limitent aux pas, à la distance ou aux calories estimées, Iofit vise une couche d’information plus fine : la qualité du geste. Autrement dit, le produit ne cherche pas seulement à quantifier le mouvement, mais à l’interpréter.

Quels paramètres la chaussure peut-elle mesurer ?

Le cœur du concept repose sur une série de capteurs capables de remonter des données liées à la mécanique du corps. Dans les descriptions du projet, on retrouve notamment la pression exercée sur la voûte plantaire, la localisation du centre de gravité et la répartition des masses. Ce sont des informations précieuses pour repérer un déséquilibre ou une posture inefficace.

  • Pression plantaire : permet de voir comment le poids est distribué entre l’avant-pied, le talon et les côtés du pied.
  • Centre de gravité : utile pour comprendre si le corps reste bien aligné pendant un mouvement.
  • Répartition des masses : aide à détecter une asymétrie gauche/droite ou des appuis trop marqués.
  • Indicateurs d’activité : nombre de pas, distance parcourue, durée de l’effort et estimation des calories brûlées.

À ce niveau, la chaussure connectée devient un outil proche de l’analyse sportive. Elle peut servir à objectiver des sensations souvent difficiles à décrire : “je penche trop vers l’avant”, “je charge davantage sur une jambe”, “je perds mon équilibre en fin de série”.

Pourquoi Samsung s’est intéressé à ce sujet

Le projet Iofit s’inscrit dans une logique bien connue chez Samsung : encourager des équipes internes à développer des idées innovantes via le Creative Lab. Ce dispositif permet à des salariés de travailler sur des concepts personnels avec du soutien technique et une possibilité d’essaimage en startup indépendante si le projet est jugé prometteur.

Salted Venture est justement né de cette logique d’incubation. Le cas est intéressant, car il montre que les grandes entreprises ne se contentent pas d’observer le marché des objets connectés : elles peuvent aussi tester des usages très ciblés, puis envisager une commercialisation sous licence ou via un partenaire équipementier.

La chaussure connectée la plus intéressante n’est pas celle qui ajoute des gadgets, mais celle qui améliore réellement la manière de bouger.

, Analyse éditoriale ShoeStyle.fr

À qui s’adressaient les Iofit ?

Le projet avait été pensé avec deux usages principaux : le fitness et le golf. Ce choix n’a rien d’anecdotique. Ce sont deux disciplines où la stabilité du corps, l’alignement et la précision des appuis jouent un rôle décisif.

Les usages visés par Iofit
UsageIntérêt principalCe que la chaussure peut aider à corriger
FitnessAméliorer la posture pendant l’entraînementMauvais alignement, déséquilibre, appuis instables
HaltérophilieSécuriser les charges et les mouvementsBascule du buste, appui asymétrique, perte de stabilité
GolfOptimiser le swing et l’ancrage au solRotation mal contrôlée, transfert de poids imparfait
PréventionRéduire les mouvements à risqueCompensations posturales, surcharge d’une jambe

Dans le fitness, l’intérêt est évident pour les exercices où le dos et les appuis sont sollicités, comme les squats, les fentes ou l’haltérophilie. En golf, la précision du swing dépend largement de la stabilité des pieds et de la qualité du transfert d’appui. Dans les deux cas, le pied sert de base : si la base est mauvaise, le geste l’est souvent aussi.

Ce que ces chaussures changent par rapport à une montre connectée

Chaussure connectée ou montre connectée ?
CritèreIofit / chaussure connectéeMontre connectée
Zone mesuréeLe pied, l’appui, la postureLe poignet, le rythme cardiaque, l’activité globale
Type de donnéesBiomécanique et équilibreCardio, mouvement, sommeil, notifications
Intérêt sportifTrès fort pour la technique et la stabilitéTrès fort pour le suivi général et l’endurance
Limite principaleDépend de l’acceptation au port et de la robustesseMoins précis sur la posture et les appuis
Usage quotidienPlus spécialiséPlus universel

Cette comparaison résume bien la promesse d’Iofit : la chaussure ne remplace pas la montre, elle la complète. Là où une montre quantifie l’activité, la chaussure peut expliquer comment elle est produite. C’est une différence importante pour les sportifs qui veulent progresser sans se blesser.

Un intérêt réel pour la prévention des blessures

Le meilleur argument en faveur d’une chaussure connectée comme Iofit est la prévention. Une mauvaise posture répétée peut favoriser des douleurs chroniques, des compensations musculaires et, à terme, certaines blessures. Dans les sports à geste répétitif ou à forte contrainte, voir ses appuis en détail peut aider à corriger un défaut avant qu’il ne s’installe.

Cela ne veut pas dire qu’une chaussure connectée soigne ou remplace un professionnel. En revanche, elle peut servir d’outil d’alerte ou de suivi entre deux séances avec un coach, un kinésithérapeute ou un préparateur physique. C’est là que la valeur est la plus crédible : dans l’observation, pas dans la promesse miracle.

Les limites d’un produit aussi spécialisé

Comme beaucoup d’objets connectés, Iofit se heurte à trois limites classiques : l’autonomie, la précision et l’adoption. Plus on ajoute de capteurs, plus il faut gérer l’énergie, le poids, la résistance à la transpiration, aux chocs et à l’humidité. Dans une chaussure, ces contraintes sont plus sévères que dans une montre.

Il y a aussi la question de l’expérience utilisateur. Une chaussure connectée doit rester avant tout une bonne chaussure : confortable, stable, durable, adaptée à sa pratique. Si l’électronique prend le dessus sur le chaussant, le produit perd rapidement son intérêt. Enfin, les données biomécaniques doivent être suffisamment fiables pour être utiles ; sinon elles risquent d’induire de mauvaises corrections.

Les points à surveiller avant d’acheter ce type de produit

  • Compatibilité avec l’application et le smartphone.
  • Autonomie réelle en usage sportif, pas seulement sur fiche technique.
  • Fiabilité des capteurs sur des exercices variés.
  • Confort de la chaussure sur des séances longues.
  • Robustesse face à l’usure et à la transpiration.

Pourquoi le projet a fait parler de lui

Au moment de sa présentation, Iofit a retenu l’attention parce qu’il combinait trois tendances fortes : l’essor des objets connectés, la recherche d’une performance plus individualisée et l’intérêt croissant pour les données corporelles. C’est exactement le type de projet qui attire l’œil des médias et des marques : il coche la case innovation, tout en restant concret.

Le fait qu’un groupe comme Samsung s’y intéresse donne aussi de la crédibilité au sujet. Le marché des chaussures connectées a souvent été nourri d’annonces ambitieuses mais peu pérennes. Lorsqu’un acteur majeur s’en mêle, cela pousse à prendre le dossier plus au sérieux, même si la transformation en produit grand public reste loin d’être automatique.

Ce qu’il faut retenir sur les chaussures connectées Samsung

1 basela chaussure devient un capteur de posture
2 usagesfitness et golf ont été les premiers terrains visés
3 données cléspression, centre de gravité, répartition des appuis
1 promessemieux bouger pour limiter les blessures et progresser

En résumé, Iofit n’était pas une simple curiosité technologique. Le projet a incarné une vision cohérente de la chaussure connectée : utiliser les capteurs pour lire le corps au plus près du sol, puis traduire ces informations en conseils utiles. C’est cette logique qui rend encore le sujet pertinent aujourd’hui, même si le marché s’est depuis largement dispersé entre montres, semelles intelligentes et solutions de motion capture.

Si l’on devait résumer la leçon Iofit en une phrase, ce serait celle-ci : la technologie n’a de valeur dans une chaussure que lorsqu’elle améliore la posture, la sécurité et la compréhension du geste. Tout le reste n’est que marketing.

Questions fréquentes

Iofit est-il une vraie chaussure commercialisée par Samsung ?

Iofit a été présenté comme un projet de chaussures connectées porté par Salted Venture, une startup issue du Creative Lab de Samsung. L’intérêt du projet était réel, mais cela ne veut pas dire qu’il a été massivement déployé comme un produit grand public classique. Il faut donc le comprendre comme une initiative d’innovation portée par l’écosystème Samsung.

À quoi servent concrètement les capteurs dans une chaussure connectée ?

Ils servent à mesurer la pression sous le pied, l’équilibre, la répartition des appuis et parfois des données d’activité plus générales. L’objectif n’est pas seulement de compter les pas, mais de comprendre la qualité du mouvement et de repérer des déséquilibres. C’est particulièrement utile dans des sports techniques comme le golf ou le fitness.

Une chaussure connectée peut-elle vraiment améliorer la posture ?

Elle ne corrige pas la posture à elle seule, mais elle peut aider à identifier des erreurs répétées et à suivre des progrès. Pour être utile, elle doit s’intégrer à un travail d’entraînement ou de rééducation. Sans interprétation humaine, les données ne suffisent pas à changer un geste.

Pourquoi Samsung s’est-il intéressé aux chaussures connectées ?

Parce que la chaussure est un support pertinent pour mesurer la biomécanique, un domaine encore peu couvert par les montres connectées. Le Creative Lab de Samsung permet justement d’explorer ce type d’idées innovantes avant d’envisager un passage au marché. Iofit s’inscrit dans cette logique d’expérimentation appliquée.

Quel est le principal frein à ce type de produit ?

Le principal frein est l’équilibre entre technologie et usage réel. La chaussure doit rester confortable, durable et fiable, tout en embarquant des capteurs précis et une autonomie satisfaisante. Si le produit devient trop fragile, trop cher ou trop compliqué, il perd son intérêt malgré la pertinence de l’idée.